Refuges climatisés l’été, bâtiments chauffés H24 l’hiver, les hôtels et établissements de tourisme constituent un secteur très énergivore.
Dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie sur les marchés et de contraintes réglementaires, améliorer l’exploitation devient un enjeu stratégique. A la clé : des charges en baisse et des actifs mieux valorisés. Explications
Un secteur énergivore, pas encore conforme au Décret Tertiaire.
Climatisation, chauffage et ventilation pèsent fortement dans les consommations énergétiques des hôtels. Contrairement aux bureaux occupés seulement en journée, l’amplitude horaire est par nature plus élevée. Ainsi, le secteur touristique représente l’une des catégories d’activité les plus énergivores selon l’étude de mai 2026 de l’Ademe : avec 177 kWh/m2/an, le tourisme est dans le 1/3 des bâtiments tertiaires les plus gourmands, derrière les data centers, la blanchisserie et la restauration notamment.*

A un peu moins de 4 ans de la première échéance du Décret Eco Energie Tertiaire, en 2030, quelle trajectoire emprunte le secteur touristique ?
L’étude basée sur les déclarations des Entités Fonctionnelles Assujetties (EFA) sur la plateforme OPERAT de l’Ademe fait état d’un retard manifeste du secteur: un quart seulement des assujettis ont déjà atteint leurs objectifs 2030, contre la moitié des déclarants tous secteurs confondus.

Des gisements OPEX facilement atteignables
Il est donc temps d’accélérer la conformité réglementaire du secteur… pour des raisons financières également. A l’heure où les prix de l’électricité ont dépassé les 110€/MWh pour l’année prochaine sur les marchés, optimiser les consommations de l’hôtellerie devient urgent. Bonne nouvelle: les actions Quick win permettent de réduire ses consommations de 10 à 15% sans investissement, grâce à l’energy management :
- Analyse des courbes de charges électriques pour détecter des dérives de talon de consommation
- Visualisation de cartes de chaleur pour identifier des anomalies sur les équipements cvc
- Alertes sur le dépassement des températures de consigne
Autant de gisements d’économie facilement actionnables, à condition de monitorer vos consommations grâce à une plateforme de management énergétique.
L’audit énergétique, la clé pour bien dimensionner ses CAPEX
Pour aller au-delà des 15% d’économie, il devient nécessaire d’investir dans de nouveaux équipements ou des travaux plus coûteux. Mais comment bien dimensionner vos investissements ?
L’audit énergétique est l’outil clé pour prioriser les actions de performance énergétique :
- Analyse de l’existant (enveloppe du bâtiment, équipements, usages significatifs)
- Modélisation et simulations thermiques dynamiques, notamment dans le cadre du confort d’été
- Scénario de performance énergétique par bouquets d’actions
- Calcul des ROI et identification des leviers financiers (Certificats d’économies d’énergie)
Ainsi le groupe Eurostars Hôtels a réalisé avec Sobre Energie 2 audits sur des établissements parisiens dans le cadre de sa stratégie Décret Tertiaire. « Un soutien précieux en élaborant des scénarios de rénovation clairs, conformes aux objectifs du Décret Tertiaire », selon Simon Williams international maintenance manager. « L’approche structurée et l’expertise nous ont aidés à mieux planifier notre feuille de route en matière de conformité. »
Une conformité qui se traduit par la note Eco Energie Tertiaire délivrée par l’Ademe et attestant de l’avancement vers l’objectif 2030 de réduction des consommations. Note à afficher obligatoirement dans le bâtiment assujetti depuis le mois de juillet 2026 et désormais publique dans le cadre d’une cession ou renégociation de bail.

Ainsi, la note influence dorénavant la valeur verte des actifs et le « brown discount » pour les mauvais élèves. A l’image du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) sur le segment résidentiel. Selon une étude du Moniteur en 2023, près de la moitié des bâtiments tertiaires notés “non vert” subiront une décote de 10 à 20%.
*Bilan des déclarations OPERAT 2024-2025 (Ademe)
