A l’heure de l’électrification des usages en marche, le taux d’équipement des systèmes type GTB progresse lentement. Pourtant, dans un contexte de forte volatilité des prix, la flexibilité offerte par les BACS est un levier clé pour réduire sa facture énergétique.
Un taux d’équipement qui progresse peu
Une progression continue, mais lente. Selon l’édition 2026 de l’Observatoire National du déploiement des systèmes BACS, présenté lors du salon IBS mi-octobre, 17% seulement des sites éligibles au Décret BACS sont équipés de GTB. Tout juste un point de plus qu’en 2025.
“Au rythme actuel, un quart des bâtiments tertiaires seront en conformité avec le Décret BACS en 2030”, précise le Gimelec l’organisme professionnel représentant la filière électronumérique. Loin de l’objectif initial du plan 2030: 100 000 BACS installés!
Dans le détail, 3 secteurs sont plus en avance que les autres:
- La santé
- Le transport
- La logistique
A contrario, 3 secteurs sont à la traîne:
- L’hôtellerie (11% de taux d’équipement)
- Les bureaux
- Et l’enseignement
Pour rappel le Décret BACS impose le recours à une solution de type GTB (Gestion Technique des Bâtiments) afin d’assurer le suivi et la régulation des consommations énergétiques de tous les équipements : chauffage, refroidissement, ventilation, éclairage, production d’électricité…
L’obligation concerne:
- Dès 2025 les bâtiments équipés d'un système de chauffage ou d'un système de climatisation, combiné ou non avec un système de ventilation dont la puissance nominale utile est supérieure à 290 kW
- D’ici 2030 les bâtiments dont la puissance nominale utile des équipements est supérieure à 70 kW
La filière en ordre de marche: le label flex ready
A l’heure de l’acte 2 du plan d’électrification national, la filière affiche pourtant un mot d’ordre: flexibiliser les usages électriques pour réaliser des économies et contribuer à décarboner la France. Lors du salon IBS il y a quelques jours, le Gimelec et ses partenaires (Enedis, RTE, Think smartgrids) ont ainsi dévoilé officiellement la marque accompagnée d’un référentiel. Elle promet de connecter simplement les systèmes de pilotage des bâtiments aux acteurs du marché de l’électricité : fournisseurs d’énergie, agrégateurs de flexibilité et gestionnaires de réseaux.iellement le label flexready.
Ainsi, les nouveaux systèmes de Gestion Technique du Bâtiment intègrent désormais nativement des protocoles capables de recevoir des signaux de prix ou de tension (via des API comme EcoWatt ou des signaux fournisseurs). Un bâtiment "Flex Ready" automatise ces décalages d'usage sans intervention humaine.

Flexibilité et économie d’énergie
Avant de flexibiliser, optimiser : la priorité au couple "Sobriété et Efficacité"
L’électrification des usages ne doit pas être une solution mirage. Pour les directeurs immobiliers et techniques, la première étape indispensable consiste à maîtriser l'existant. C’est ici que l’Energy Management prend tout son sens : il est impossible de piloter ce que l’on ne mesure pas.
L’utilisation d’une plateforme comme celle de Sobre Energie et l’expertise de ses energy managers permet de transformer la donnée brute en économies réelles :
- Identification des gisements : Grâce aux cartes de chaleur (heatmaps cf image ci-dessous) et à l’analyse des courbes de charge, vous visualisez immédiatement les consommations inutiles (talon de nuit instable, démarrages précoces).
- Alerting et détection de dérives : Un système d'alerte automatique permet de réagir en temps réel dès qu'un site s'écarte de son profil de consommation idéal, évitant ainsi les factures imprévues.
- Optimisation contractuelle : L'analyse fine des appels de puissance permet d’ajuster la puissance souscrite au plus près des besoins réels, générant des gains rapides sur la part fixe de votre contrat d'énergie.
Cette démarche permet d'atteindre des réductions de consommation de 10 à 25% uniquement par l'optimisation de l'exploitation.

+ de 100€MWh sur le marché de l’électricité
Des réductions très utiles à l’heure où les tensions autour du détroit d’Ormuz ont remis une réalité implacable au premier plan: la forte volatilité des prix de l’énergie.
Mi-octobre, les prix du gaz atteignaient 70€/MWh, une première depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine.
Hausse gazière, production électrique réduite en France (sécheresse persistante qui pèse sur les perspectives hydroélectriques, disponibilité du parc nucléaire réduite à 62% de son potentiel), des ingrédients qui font grimper en flèche les prix de l'électricité: sur le marché le contrat cal-27 atteint désormais près de 110€ MWh.

Le potentiel de la flexibilité
Après l'optimisation de l’exploitation sur votre parc immobilier, l’étape suivante consiste à activer le levier de la flexibilité.
L’électrification massive des usages (fin des chaudières gaz, déploiement des bornes de recharge) augmente mécaniquement la demande. Parallèlement, la part des énergies renouvelables (ENR) dans le mix français crée des pics de production, notamment solaires en milieu de journée.
Comme le souligne notre livre blanc « Flexibilité électrique et autoconsommation », l'enjeu est de décaler la demande vers les périodes de forte production décarbonée.
Ce pilotage offre un double avantage stratégique :
- Pour votre entreprise : Vous profitez de prix de l'électricité ultra-compétitifs. Avec le développement des offres dynamiques, le kWh est nettement moins cher en heures creuses solaires, et nous voyons apparaître de plus en plus d'épisodes de prix négatifs sur les marchés de gros. Votre bâtiment devient un centre de profit en "achetant" de l'énergie quand personne n'en veut.
- Pour le système électrique : Vous évitez l’écrêtage (le gaspillage) de la production décarbonée et limitez le recours aux centrales de pointe polluantes. Vous devenez un acteur de la résilience du réseau national.
L'électrification, c'est aussi l'essor massif des IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques). Loin d'être une simple contrainte, la recharge pilotée transforme vos flottes en "batteries sur roues".
Grâce au concept de Smart-to-Grid (ou Vehicle-to-Grid), vos véhicules peuvent stocker l'énergie solaire l'après-midi pour la restituer au bâtiment ou au réseau lors des pointes de consommation du soir. À l'horizon 2030, Enedis estime qu'un bâtiment équipé pourrait couvrir 10 à 20% de ses besoins de pointe via ce stockage mobile.
- Flexibilité structurelle
C’est la plus évidente et elle constitue déjà une habitude énergétique: le système Heures Creuses/ Heures Pleines. Traditionnellement fléchées vers la nuit, les HC se placent désormais en pleine journée, pour inciter à décaler les consommations sur les heures de production des énergies renouvelables: le phénomène de cloche solaire, lorsque la production est largement excédentaire à la consommation sur le réseau électrique. Une production perdue, alors qu’à ce moment-là les prix de l’électricité sont négatifs!
Selon l’agence Bloomberg, en 2026, le nombre d’heures à de tels prix négatifs ont atteint un record en 2026: 520h, soit 22j en continu.
Comment corriger cette tendance? En fléchant les consommations au bon moment. D’après la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), “Le nouveau tarif TURPE 7 donne des moyens supplémentaires à RTE et Enedis pour accompagner et faciliter l’électrification croissante des usages tout en maintenant un niveau élevé de performance dans l’utilisation des moyens alloués et la qualité de service aux utilisateurs.”
Concrètement, pour faire profiter les consommateurs de cette énergie peu chère et abondante et répondre aux nouveaux enjeux du réseau électrique, la CRE a introduit dans le TURPE 7 la possibilité de nouvelles heures creuses durant les heures de forte production solaire:
- 5 heures minimum la nuit
- le reste réparti entre 11h et 17h sur les heures dites solaires.
- Flexibilité dynamique: l’effacement
Les Opérateurs d’Effacement : Ces acteurs (ou agrégateurs) valorisent votre flexibilité sur les marchés de l'énergie. En acceptant de réduire ou décaler votre consommation sur demande, vous percevez une rémunération. C’est une "non-consommation" qui rapporte.

