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Électrification des process : Le nouveau levier de décarbonation des bâtiments complexes

Posté le 20 mai 2026

Dans la trajectoire de neutralité carbone fixée par le gouvernement, l’électrification ne se résume plus au remplacement d'une chaudière gaz ou à l’installation de bornes de recharge. Pour les Directions Immobilières et Techniques, le véritable défi se déplace désormais au cœur des usages process. Selon le Comité de prospective de la Commission de régulation de l’Energie (CRE)*, l'électrification de l'industrie, qui stagne à 27 % aujourd'hui, devra atteindre environ 70 % à l'horizon 2050 pour respecter la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC).**

Si le chauffage et la mobilité sont des chantiers bien engagés, l’optimisation des flux énergétiques internes — froid commercial, process industriels, cuisson — offre des gisements de décarbonation massifs. 

La synergie Froid/Chaleur : Valorisation de la chaleur fatale

Dans un bâtiment complexe (Data Centers, centres logistiques frigorifiques), produire du froid génère intrinsèquement de la chaleur. La stratégie consiste à transformer ce "déchet" en ressource.

L’alimentation de groupes froids par récupération

Grâce aux thermofrigopompes ou à la récupération de chaleur fatale, il est possible de créer un cercle vertueux :

  • La chaleur récupérée peut préchauffer l’eau chaude sanitaire (ECS) ou alimenter des boucles d'eau tempérée.
  • Elle peut même être réinjectée dans des machines à absorption pour produire du froid.

Un financement assuré par les CEE

Cette optimisation est largement soutenue financièrement. Comme le précise Opéra Énergie***, la fiche CEE BAT-TH-139 (pour le tertiaire) et la fiche IND-UT-117 (pour l'industrie) permettent de valoriser la récupération de chaleur sur un groupe de production de froid. Le montant de l'aide dépend principalement de la puissance électrique nominale du groupe froid et de l'usage de la chaleur récupérée (chauffage ou ECS).  

 

Sortir du gaz pour les usages thermiques : Le cas du four électrique

Dans les secteurs à haute intensité, le passage au four électrique est un levier majeur. L'électrification directe via des fours à conduction ou à induction permet une efficience accrue, car l'électricité convertit la quasi-totalité de l'énergie en chaleur utile, contrairement à la combustion qui génère des pertes par fumées.

Cependant, la CRE souligne que cette mutation impose une vision de long terme : le coût d'investissement (CAPEX) d'une chaudière ou d'un four électrique peut être jusqu'à trois fois plus élevé que son équivalent gaz. Pour sécuriser ces projets, le développement de contrats d'achat d'électricité de long terme (PPA) devient essentiel pour garantir une visibilité sur les prix opératoires (OPEX) face à la volatilité des marchés.

Pilotage et flexibilité : Le rôle crucial de la GTB

Électrifier sans piloter, c'est risquer une explosion de la puissance souscrite. La CRE insiste sur la flexibilité de la demande comme pivot du système électrique de demain. Pour un Directeur Immobilier, cela repose sur deux piliers :

  1. L'effacement et le lissage : Décaler certains process (fours de préchauffe, production de froid) pour éviter les pointes de consommation, une pratique déjà valorisée à hauteur de 3 GW en France.
  2. La GTB (Gestion Technique du Bâtiment) : Elle devient le chef d'orchestre capable de prioriser les usages selon les signaux-prix. L'obligation d'installer des systèmes de pilotage (BACS) concerne d'ailleurs les bâtiments existants dont la puissance cumulée des équipements de Chauffage Ventilation Climatisation (CVC) dépasse 290 kW depuis 2025. Et demain le seuil sera abaissé à 70kW d’ici 2030.  

Un enjeu de conformité et de valorisation d'actif

Au-delà de la réduction de l'empreinte carbone, l'électrification des process répond à une double contrainte :

  • Réglementaire : Anticiper les exigences du Décret Tertiaire et la hausse des taxes sur les énergies fossiles avec l’extension du marché carbone européen aux bâtiments et à la mobilité (règlement européen EU ETS 2) d’ici 2028
  • Financière : Un bâtiment dont les process sont électrifiés et pilotés est un actif "future-proof", moins exposé à la dépendance aux fossiles importés.

Conclusion : Vers une stratégie énergétique intégrée

L’électrification des usages complexes est un défi industriel mais aussi un choix stratégique qui doit être fait "sans regret" pour parvenir à la neutralité carbone. Pour les directeurs techniques, le passage à l'acte nécessite un audit précis des flux de chaleur et de froid afin d'identifier les ponts énergétiques possibles. 


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