Pour la première fois, le solaire et l’éolien produisent plus d’électricité que les fossiles en Europe.
Selon Ember, cette bascule concerne l’ensemble de l’Union européenne et s’appuie sur les données de production électrique de l’année 2024, publiées dans la European Electricity Review 2025 début 2026.
Pour la première fois, le solaire et l’éolien ont produit davantage d’électricité que les énergies fossiles dans l’Union européenne. C’est le principal enseignement de la dernière European Electricity Review 2025, publiée début 2026 par le think tank Ember, qui analyse les données de production électrique européennes pour l’année 2024.
Ce basculement marque un tournant à la fois symbolique et structurel pour le système électrique européen.
- Un cap historique franchi en 2024
- Le solaire, moteur principal de la transition
- Charbon en recul, gaz sous pression
- Le stockage devient un maillon stratégique
- Focus France : une transition portée par le nucléaire et le solaire
- Une transition encore hétérogène en Europe
- Qui est Ember ?
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Un cap historique franchi en 2024
Selon l’étude, le solaire et l’éolien ont représenté environ 30 % de la production d’électricité de l’Union européenne en 2024, dépassant pour la première fois les énergies fossiles, dont la part recule autour de 29 % (charbon, gaz et pétrole). En incluant l’hydroélectricité, les énergies renouvelables atteignent près de 48 % du mix électrique européen, un niveau inédit.
Source : Ember – European Electricity Review 2025
Ce graphique illustre clairement la dynamique à l’œuvre : la progression rapide du solaire depuis 2015 et le recul continu du charbon, désormais dépassé en volume de production.
Le solaire, moteur principal de la transition
La dynamique est portée avant tout par le solaire photovoltaïque. En 2024, sa production a progressé de plus de 20 %, pour la quatrième année consécutive. Le solaire devient ainsi une composante centrale du système électrique européen, dépassant non seulement le charbon, mais s’imposant comme la première source de croissance de la production électrique.
Ember souligne que cette trajectoire repose sur plusieurs facteurs : la baisse continue des coûts des panneaux, la montée en puissance de l’autoconsommation et le développement rapide des installations sur les bâtiments tertiaires, industriels et logistiques, qui constituent désormais un gisement majeur de production.
À l’inverse, la production éolienne et hydraulique a évolué de manière plus contrastée selon les pays, en raison de conditions météorologiques moins favorables. Un phénomène jugé conjoncturel par Ember, qui rappelle que les capacités installées continuent de progresser à l’échelle européenne.
Charbon en recul, gaz sous pression
Le rapport confirme la chute structurelle du charbon en Europe. En 2024, neuf pays européens produisent désormais moins de 5 % de leur électricité à partir du charbon, contre plus de quinze pays il y a une décennie. À l’échelle de l’Union, la production électrique issue du charbon a reculé de plus de 60 % depuis 2015.
Source : Ember – European Electricity Review 2025
Ce graphique montre que la hausse du solaire, combinée au rebond du nucléaire et de l’hydraulique, a permis une baisse marquée de la production fossile. Le gaz, longtemps présenté comme une énergie de transition, voit lui aussi son rôle s’éroder, même s’il reste mobilisé pour l’équilibre du système lors des pointes de consommation.
Le stockage devient un maillon stratégique
La montée en puissance du solaire et de l’éolien renforce les besoins de flexibilité du système électrique. Ember met en avant le rôle clé du stockage par batteries, dont les coûts ont chuté d’environ 20 % au cours de la dernière décennie, favorisant le développement de projets à grande échelle.
Les données montrent que le solaire couplé à du stockage permet de mieux valoriser l’électricité produite, en évitant les périodes de prix bas et en renforçant la contribution du photovoltaïque lors des pics de demande. Pour Ember, le déploiement du solaire ne peut désormais plus être dissocié de celui des solutions de flexibilité.
Focus France : une transition portée par le nucléaire et le solaire
Dans ce paysage européen, la France occupe une position singulière. En 2024, le pays bénéficie d’un mix électrique parmi les plus faiblement carbonés d’Europe, largement dominé par le nucléaire, qui représente environ 65 % de la production. Les énergies renouvelables assurent près de 30 %, dont environ 10 % pour l’hydraulique, 9 % pour l’éolien et 7 % pour le solaire, ce dernier affichant la croissance la plus rapide.
La production à partir des énergies fossiles demeure marginale, autour de 5 %, principalement mobilisée lors des pointes hivernales. Ember souligne toutefois que la France accuse encore un retard relatif sur le solaire photovoltaïque par rapport à l’Allemagne ou à l’Espagne, malgré une accélération récente des projets, notamment sur les bâtiments tertiaires et industriels.
Le think tank met également en avant le rôle croissant du stockage et des flexibilités pour accompagner le développement du solaire et sécuriser le système électrique.
Une transition encore hétérogène en Europe
Malgré ce basculement historique, Ember insiste sur les disparités entre États membres. Certains pays restent fortement dépendants des combustibles fossiles, tandis que d’autres disposent déjà d’un mix largement décarboné. Pour le think tank, le dépassement des fossiles par le solaire et l’éolien constitue avant tout un signal de trajectoire, dont la consolidation dépendra des investissements dans les réseaux, le stockage et la planification énergétique à long terme.
Qui est Ember ?
L’étude s’appuie sur les travaux d’Ember, un think tank indépendant spécialisé dans l’analyse des systèmes électriques et de la transition énergétique. Basée au Royaume-Uni, l’organisation — anciennement connue sous le nom de Sandbag — publie chaque année des rapports de référence sur l’évolution du mix électrique européen et mondial, dont la European Electricity Review. Ember se distingue par l’utilisation de données ouvertes, issues notamment des gestionnaires de réseaux et des statistiques officielles nationales, mises à disposition sous licence libre (CC-BY 4.0).
