Plan de sobriété : par où commencer ?

« Il est possible de débuter une démarche cohérente de sobriété en 3 mois »

Au début de l'hiver, les entreprises et les collectivités se penchaient sur leur Plan de sobriété pour la seconde année consécutive.

Pour Jonas Jaffon, Energy Manager, elles restent trop peu préparées mais en quelques semaines des 1e actions à impact peuvent être mises en place.

Bonjour Jonas, pouvez -vous nous expliquer votre rôle chez Sobre Energie ? En quoi consiste le quotidien d’un Energy Manager ?

Chez Sobre Energie, nous aidons les entreprises et les collectivités à réduire les consommations et l’impact des bâtiments grâce à une analyse critique de leurs données.

Nous couvrons donc une large typologie de bâtiments : des immeubles de bureaux, des entrepôts logistiques et même des hangars industriels côté entreprises. Pour les collectivités, ça peut être des salles de concerts, des musées, des gymnases par exemple.

Personnellement, mon rôle consiste à analyser les caractéristiques de consommation, à visiter les bâtiments et à examiner les équipements pour détecter des gisements d’économies. Ensuite, je formule des recommandations pour organiser la stratégie énergétique et orienter les actions et les investissements.

Est-ce que tout le monde sait ce qu’est le Plan de sobriété ? Les entreprises et les collectivités se sont-elles préparées pour cet hiver ?

C’est vrai qu’il y a un regain de motivation pour le sujet du Plan de sobriété depuis la flambée des prix et les tensions liées au conflit ukrainien.

Les entreprises et les collectivités comprennent le triple intérêt d’un Plan de sobriété : faire des économies, valoriser sa politique RSE en interne et à l’externe, et participer à l’effort national de souveraineté.

« Pourquoi est-ce qu’on a consommé 10% de moins en 2022-2023 ? C’est grâce à nos efforts ou bien parce que l’hiver était plus doux ? »

Mais on se rend bien compte lorsqu’on les rencontre que le sujet n’est encore abordé qu’en surface. Beaucoup ne sont pas équipées pour collecter la donnée et celles qui ont de l’information n’ont pas les compétences pour les traduire de manière pertinente.

Par exemple, la rigueur climatique a très peu été intégrée dans l’analyse de l’hiver passé. Pourquoi est-ce qu’on a consommé 10% de moins en 2022-2023 ? C’est grâce à nos efforts ou bien parce que l’hiver était plus doux ?

Dans les faits, on a eu un hiver 10% plus doux que le précédent et même le gouvernement s’est montré évasif à ce sujet.  Pour 2023-2024, attention à la douche froide.

Quels sont les inquiétudes de vos clients à l’approche de l’hiver : leurs factures, les pénuries, la conformité ?

Beaucoup pensent que comme l’hiver dernier s’est bien passé alors qu'il devait être terrible, l’hiver à venir devrait passer sans encombre également. Mais ce n’est pas aussi simple.

Cette année, le risque de pénurie est moins élevé mais c’est la facture qui peut occasionner des dégâts.

C’est d’ailleurs sur le chauffage qu’il faut axer ses efforts. Il représente à lui seul 50% de la facture énergétique des bâtiments. C’est un levier qui est difficile à activer si les usagers ne sont pas sensibilisés mais il va falloir le mettre sur la table. Ce qui fait peur en fait, c’est de devoir se forcer à avoir froid.

Est-ce que c’est possible de mettre en place des choses qui marchent en 3 mois ? Ou est-ce que c’est trop tard ?

En 3 mois c’est tout à fait possible. Il faut donc commencer par challenger les températures de 1 ou 2 degrés et sensibiliser les collaborateurs. Sans efforts conséquents ni investissements, on a déjà un impact de 5 à 10%.

Il suffit dans la majorité des cas de porter un pull en intérieur, de réduire la température de consigne et d’éteindre les chauffages la nuit et le week-end.

Il peut y avoir de l’inertie parce que nous avons de mauvaises habitudes depuis quelques décennies, mais c’est tout à fait atteignable.

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui n’a pas encore entamé de démarche de sobriété ? Par où commencer à quelques mois de l’hiver ?

Au-delà des actions « faciles » de sensibilisation et de réduction du chauffage, il est possible de débuter une démarche cohérente de sobriété en 3 mois.

  • Il faut d’abord récolter la donnée, avec une plateforme dédiée par exemple, pour savoir où on se situe et mesurer l’impact de ses actions.
  • Ensuite, on installe des capteurs et des éléments de régulation pour mieux gérer l’exploitation (consignes, réduits de températures quand le bâtiment est vide, horaires d’éclairages, etc.).
  • Enfin, on peut réaliser des investissements légers à impact immédiat, comme équiper les radiateurs de têtes thermostatiques, de LED ou de stores.

« En mettant des capteurs, ce qu’on observe le plus souvent c’est que les températures réelles observées n’ont rien à voir avec ce qui est prévu. »

Le B-A à BA, c’est d’avoir la bonne information pour agir. Nous rencontrons souvent des entreprises qui pensent avoir de la donnée, l’exploiter et la contrôler. Mais en mettant des capteurs, ce qu’on observe le plus souvent c’est que les températures réelles observées n’ont rien à voir avec ce qui est prévu.

Le thermostat est réglé sur 20°C en journée et 17°C le soir, mais on mesure des températures de 22 à 23°C en journée. Il faut donc challenger l’existant.

Quels objectifs sont réalistes quand on part de zéro ?

En s’y mettant en septembre et avec une bonne organisation, on peut espérer 10% d’économies d’énergies. C’est ce qu’on observe chez Sobre en moyenne sur un parc en prenant en compte la rigueur climatique. Disons 10% pour les bons élèves et 5% pour ceux qui ont plus d’inertie.

C’est rentable la sobriété ? Sur combien de temps vos clients rentabilisent-ils leur investissement ?

Certains de nos conseils auront des effets immédiats dès le premier hiver (actions de sensibilisation) et d’autres seront pérennes pour les hivers à venir (installation de la plateforme, mise en place de capteurs, etc.).

Pour ces investissements pérennes, le ROI se fait sur 4 ans en moyenne. C’est-à-dire qu’une mission réalisée cet hiver sera rentabilisée après quatre hivers.

Mais le plan de sobriété n’est que le premier jalon, il ne faut pas le prendre individuellement. Une fois que la plateforme est en place, de nouvelles actions de réduction de la consommation peuvent être mises en place facilement et à moindre coût !

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décret tertiaire; énergie; consommation; bâtiment

Décret Tertiaire : quels sont les objectifs ?

La nouvelle échéance de déclaration des données de consommations au 30/09/2023 sur la plateforme OPERAT de l’Ademe est désormais passée. Place maintenant à la mise en place d’une trajectoire de réduction des consommations pour les sites assujettis.

Comment fixer votre stratégie pour cette deuxième phase ? Quels outils pour vous accompagner dans l’atteinte de vos objectifs à horizon 2030, 2040 et 2050 ?

Voici les 4 étapes à suivre avec nos experts Décret Tertiaire chez Sobre Energie

 

Quels sont les objectifs du décret tertiaire ?

Pour rappel, le Dispositif Eco Energie Tertiaire (DEET) plus connu sous le nom du Décret Tertiaire impose aux bâtiments tertiaires assujettis de réduire leurs consommations d’ici 2030 et à terme 2050. L’objectif à atteindre, selon les catégories de bâtiments, est fixé de deux manières :

  • en valeur relative par exemple -40% d’ici 2030 par rapport à la consommation de l’année de référence
  • en valeur absolue par exemple

Chaque année, un propriétaire ou un locataire assujetti doit déclarer ses consommations sur la plateforme OPERAT. L’Ademe évaluera ainsi la trajectoire de réduction des consommations en fonction des objectifs assignés.

En savoir plus sur la déclaration Operat

 

Comment respecter le décret tertiaire ?

  • 1er étape : centraliser la gestion des ses bâtiments sur un outil de monitoring énergétique.

Notre logiciel SAAS Data-MARC est un outil digital de supervision, de planification et d’aide à la décision dans la Transition Energétique.

Véritable hub de données s’appuyant sur la collecte, la fiabilisation et l’analyse de données énergétiques hétérogènes abondantes, notre outil vous permet de suivre vos données de consommations. Et de les transmettre automatiquement sur la plateforme OPERAT afin d’être en règle avec vos obligations légales.

 

  • 2e étape : savoir où agir

Passer de la vision macro, à un focus sur vos bâtiments prioritaires : c’est ce que permet notre logiciel SAAS Data-MARC avec notre outil Pareto by Sobre.

Il vous aide à repérer d’un coup d’œil les sites les plus énergivores en fonction de leur consommation surfacique, donc les plus prioritaires, pour savoir où agir. Soit en fonction de leur consommation en kWh, kWh/m2 ou par typologie.

Cet outil Pareto fait ainsi ressortir les sites à enjeux énergétiques majeurs (consommation largement au-dessus de votre consommation de référence dans OPERAT).

 

  • 3e étape l’audit énergétique pour définir le bon bouquet d’actions.

Les audits énergétiques sur notre logiciel SAAS Data MARC permettent de simuler la mise en œuvre d’un scénario prédéfini ou composer son bouquet d’actions avec projections financières et gains d’énergies, selon vos ROIs et objectifs liés au Décret Tertiaire. 

Chez Sobre Energie, nos audits digitalisés sont intégrés dans notre plateforme de management énergétique, au sein d’un module spécifique.

Pour en savoir plus sur nos audits énergétiques

 

  • 4e étape : bien préparer son dossier technique de modulation

Sur votre parc, vous avez peut-être certains bâtiments assujettis sur lesquels atteindre l’objectif fixé par OPERAT sera plus complexe en raison de contraintes multiples:

  • contrainte patrimoniale sur un bâtiment historique classé par exemple
  • contrainte architecturale
  • contrainte pour disproportion économique si l’atteinte de l’objectif représente un coût disproportionné

Il est alors possible sur ces bâtiments de moduler vos objectifs de réduction des consommations. En le justifiant par un dossier technique de modulation à déposer en 2026.

Ce dossier doit comporter :

  • une étude technique réalisé par des auditeurs certifiés
  • un avis circonstancié justifiant la modulation des objectifs en fonction de contraintes architecturales ou patrimoniales,
  • une note de calcul des temps de retour brut sur investissement en cas de disproportion manifeste du coût des actions par rapport aux avantages

Nos experts Sobre Energie, auditeurs certifiés AFNOR ou OPQIBI, peuvent vous accompagner sur cette phase 2 du Décret Eco Energie Tertiaire.

Revoir notre webinaire Décret Tertiaire : comment établir sa stratégie ?

  •  5e étape: financer ses actions de performance énergétique

Une fois vos bouquets d'action déterminés, il est possible d'obtenir des financements pour une partie de vos actions:

  • valorisation de certains travaux via les Certificats d'Economie d'Energie (CEE), comme par exemple l'installation d'une GTB (Gestion Technique du Bâtiment) pour centraliser le pilotage des équipements de chauffage, refroidissement ou encore éclairage. Cet investissement peut-être financé en CEE avec la fiche BAT-TH-116. Pour en savoir plus, contactez nos partenaires d'Economie d'Energie (EDE)
  • recherche de subventions grâce au dispositif Subzen de notre partenaire La Banque postale.
  • financement pour les collectivités de travaux sur vos bâtiments scolaires, à travers le programme Edurenov de notre partenaire La Banque des Territoires

Plan de sobriété : les principaux leviers d’action des collectivités cet hiver

Chauffage, eau chaude, éclairage, sensibilisation des agents et des occupants… Cet hiver encore, les collectivités territoriales sont appelées à l’exemplarité pour poursuivre l’effort de sobriété énergétique. Les mesures les plus efficaces à la loupe.

En 2022-2023, les collectivités locales ont joué le jeu de la sobriété

Lors du premier acte du Plan de sobriété, au cours de l’hiver 2022-2023, les collectivités locales ont fait partie des principaux acteurs mobilisés par le gouvernement pour faire baisser les consommations d’électricité et de gaz du pays. Et elles ont répondu présent. Selon le gouvernement, 92% des collectivités locales ont baissé la température dans leurs locaux et opté pour des systèmes de régulation, et 76% ont réduit la période de chauffe hivernale.

Les communes ont également fait de grands efforts en termes d’éclairage public, en améliorant son pilotage ou en le réduisant. La puissance moyenne de l’éclairage a ainsi diminué de 33 % en cœur de nuit, selon Enedis.

Sobriété énergétique : comment les collectivités peuvent agir cet hiver ?

La consommation annuelle d’énergie des collectivités territoriales s’élève à 40 TWh et, avec 280 millions de m2 de surface totale, leurs bâtiments consomment à eux seuls 78% de cette énergie. C’est donc ici que se trouveront une fois de plus les principaux gisements de sobriété énergétique cet hiver.

Mieux réguler les températures

Baisser la température de chauffe est un axe prioritaire de sobriété pour les collectivités. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), un seul degré de chauffage en moins permet de réaliser 7% d’économie d’énergie sur le chauffage.

En phase avec le Code de l’énergie, les pouvoirs publics recommandent de fixer en hiver les consignes de chauffe suivantes :

  • 19°C maximum en journée dans les bâtiments occupés (sauf exceptions : hôpitaux, crèches…) ;
  • 16°C maximum la nuit ;
  • 8°C dans les bâtiments fermés durant plus de trois jours ;
  • Diminuer de 2°C la température dans les gymnases et de 1°C l’eau des piscines.

En parallèle, le déploiement de dispositifs de pilotage et régulation des températures permet d’optimiser la gestion du chauffage, comme les capteurs connectés par exemple qui permettent de connaître en temps quasi réel les températures dans une pièce donnée. Les collectivités sont incitées à se doter de systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS).

Réduire la saison de chauffe

Il est recommandé d’activer les chaudières ou systèmes de chauffage au plus tôt à la fin des vacances de la Toussaint et de les éteindre au début des vacances de Pâques. Un choix à ajuster en fonction des variations de la météo dans la région concernée naturellement.

Couper l'eau chaude sanitaire

La fin de l’eau chaude sanitaire dans les bâtiments publics, en dehors des établissements de santé, scolaires ou de la petite enfance, forme l’un des leviers de sobriété les plus faciles à actionner pour les collectivités. Le tout avec un impact raisonnable sur le confort des agents et usagers.

Entretenir les systèmes de chauffage

Le bon entretien des équipements de chauffage, d’eau chaude sanitaire ou de froid permet d’installer des économies d’énergie supplémentaires. Le désembouage des circuits de chauffage est particulièrement recommandé, tout comme l’isolation des canalisations.

Mobiliser les agents et nommer des « ambassadeurs sobriété »

La mobilisation des agents est primordiale pour accentuer la dynamique. Objectif : sensibiliser tous les effectifs aux enjeux de sobriété énergétique. Sur le volet technique, la sensibilisation et la formation des techniciens opérant sur les équipements énergétiques de la collectivité sont indispensables pour une bonne application des consignes de sobriété mais aussi la remontée des informations.

Pour stimuler et encadrer l’action de tous, la nomination d’un ou plusieurs « responsable sobriété » est recommandée.

Modérer l'éclairage public

En France, l’éclairage public représente 41 % de la consommation totale d’électricité des collectivités territoriales, selon l’ADEME. Quand cela est possible, et en dehors des axes principaux et des zones sensibles, les communes peuvent aller jusqu’à éteindre l’éclairage public entre 23h et 5h30. Elles peuvent aussi opter pour une réduction de l’intensité lumineuse en cœur de nuit, à l’aide de variateurs de flux, par exemple.

Selon le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), la modernisation des équipements d’éclairage public est aussi une priorité à moyen terme en passant au LED. Selon cet organisme rattaché à l’État, les nouvelles technologies aideraient à réduire de 70 à 80 % la consommation d’énergie de l’éclairage public !

Amplifier la rénovation énergétique des bâtiments

Si les mesures de sobriété énergétique pour cet hiver constituent des réponses de court terme, elles doivent être l’occasion pour les collectivités d’accélérer les politiques de rénovation énergétique des bâtiments. Un tel contexte est idéal pour analyser en détail vos consommations énergétiques et identifier les priorités de rénovation thermique à moyen et à long terme grâce aux audits énergétiques digitalisés.

Pour savoir par où commencer, contactez nos experts

Lire aussi : Prix de l'énergie : ce qui vous attend cet hiver 2024

Nos 4 conseils sur vos données de consommation


Facture de chauffage en entreprise : comment la réduire cet hiver ?

Une entreprise consacre en moyenne la moitié de son budget énergétique à se chauffer. Alors que les prix de l’énergie ont augmenté et que l’appel à la sobriété est renouvelé, voici les meilleures manières pour votre entreprise d’alléger cet hiver sa facture de chauffage.

Le chauffage, le premier poste de dépense énergétique dans les bureaux

Quelle que soit sa source, le chauffage est un poste de dépense majeur en entreprise. Dans le secteur tertiaire, il représente plus de 50% des dépenses en énergie, selon les estimations de l’Agence de la transition écologique (ADEME).

Avec la hausse des prix de l’énergie, les entreprises sont donc plus que jamais incitées à revoir la régulation et le pilotage du chauffage l’hiver, à la fois pour participer à l’effort de sobriété collectif et pour mieux maîtriser leurs dépenses énergétiques.

7 conseils pour réduire la facture de chauffage de votre entreprise

#1 Sensibilisez vos salariés aux enjeux de sobriété

La sensibilisation des collaborateurs sur l’importance de la sobriété énergétique est un moyen efficace de faire baisser vos factures de chauffage à court terme. Elle permet de réaliser jusqu’à 10% d’économies sans investissement notable. L’enjeu est de réussir à prolonger au travail certains écogestes déjà effectués à domicile. Et ils sont simples :

  • Bien régler la température de consigne et s’habiller un peu plus chaudement.
  • Eviter d’encombrer les radiateurs pour une meilleure diffusion de la chaleur ;
  • Ne pas ouvrir les fenêtres quand le chauffage est allumé ;
  • Fermer les portes pour éviter les déperditions de chaleur ;
  • Profiter du soleil en journée en ouvrant les stores pour accumuler l’énergie solaire ;

Pour sensibiliser les collaborateurs, disposer des thermomètres visibles ou des capteurs connectés dans les zones de travail est recommandé. Connaître la température en temps réel permet en effet de faire prendre conscience de la réalité du chauffage, parfois en total décalage avec la température réglée sur le thermostat, et incite aux écogestes.

#2 Réduisez (et régulez) la température dans vos locaux

Baisser de 1°C la température permet de réduire de plus de 7% sa consommation de chauffage, rappelle souvent l’ADEME ! Les températures optimales sont de 19°C en journée dans les pièces occupées et 16°C si elles ne sont pas occupées, notamment la nuit. Pour les locaux inoccupés pendant plus de deux jours, il est conseillé de régler à 8°C la consigne de température. Enfin, des zones à faible présence ou de passage, comme des zones de stockage, des réserves ou des archives, peuvent se contenter d’un chauffage à 10 ou 12°C.

#3 Optimisez la période hivernale de chauffage

Un autre écogeste rapide à mettre en place est la réduction de la période hivernale de chauffe. Les entreprises sont encouragées à la faire démarrer 15 jours plus tard et à l’arrêter 15 jours plus tôt que d’ordinaire. En général, cette période de chauffage est comprise entre le 15 octobre et le 15 avril. Elle est bien sûr à adapter en fonction de la météo, de la situation géographique et de la qualité de l’isolation thermique des bâtiments.

#4 Faites entretenir votre système de chauffage et votre ventilation

Chaudière, pompe à chaleur… L’entretien approfondi du système de chauffage d’une entreprise est un véritable gisement d’économies d’énergie, car il permet d’améliorer le rendement de vos équipements. Le désembouage des circuits de chauffage consiste, par exemple, à retirer les dépôts de boue accumulés dans les circuits de chauffage. Selon le ministère de la Transition écologique, ce procédé permet d’éviter une perte d’efficacité de 17% du système de chauffage. D’où l’intérêt de s’y attaquer à l’automne. En parallèle, un bon entretien du système de ventilation est bénéfique.

#5 Isolez les canalisations d’eau et de chauffage

L’isolation des canalisations du système de chauffage, mais aussi de l’eau chaude sanitaire, permet de réduire fortement les déperditions d’énergie (jusqu’à 20%) lors de l’acheminement de l’eau jusqu’aux radiateurs.

#6 Supprimez les ponts thermiques

La lutte contre les ponts thermiques est une priorité si vous voulez réduire à long terme les frais de chauffage de votre entreprise. L’ADEME estime qu’ils sont responsables de 40% des déperditions d’énergie dans un bâtiment. La suppression des ponts thermiques est à intégrer dans un projet plus large de rénovation thermique de vos bâtiments.

#7 Misez sur des dispositifs de pilotage intelligent du bâtiment (BACS…)

La technologie des systèmes de GTB (gestion technique du bâtiment) améliore la lutte contre le gaspillage énergétique et peut aboutir à une diminution des factures de chauffage. Le décret BACS (Building Automation & Control System), publié en 2020, a justement pour objectif d’imposer à tous les bâtiments tertiaires dotés d’un système de chauffage et/ou de climatisation d’une puissance nominale supérieure à 290 kilowatts (kW), d’un système d'automatisation et de contrôle des bâtiments à l’horizon 2025. L’obligation a été étendue, pour 2027, aux bâtiments tertiaires équipés de système de chauffage et de froid d’une puissance supérieure à 70 kW. Au vu des économies potentielles et du caractère inéluctable de cette mise à niveau, autant anticiper.

Pour diminuer rapidement vos consommations, nous vous proposons un audit d'exploitation

Plan de sobriété : comment préparer l'hiver 2024 ?


hiver 2023; énergie; plan de sobriété; économie énergie; bâtiment

Les entreprises et les collectivités doivent-elles s’attendre à des coupures cet hiver ?

La production des centrales nucléaires françaises s’améliore et les stocks de gaz sont presque pleins. Cet hiver, le risque de pénurie d’énergie diminue en France, mais la sobriété reste de mise. Explications.

Électricité : un risque de coupure faible pour l'hiver 2023-2024

Le réseau électrique français peut-il revivre cet hiver une situation aussi tendue qu’il y a un an ? Le risque est faible, d’après RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France. Ses prévisions pour l’automne et l’hiver s’annoncent bien meilleures qu’il y a un an, lorsque le risque de coupures d’électricité temporaires, aussi appelées délestages, avait fortement augmenté à cause d’une faible production nucléaire. « Tous les paramètres évoluent de manière favorable par rapport à l'an passé », a déclaré RTE, en juin.

L’hydroélectricité est la deuxième source de production électrique en France et les stocks hydrauliques des barrages se trouvent à des niveaux jugés très satisfaisants. Quant à la filière nucléaire, le nombre de réacteurs fermés a considérablement diminué depuis un an. Les voyants sont donc plutôt au vert côté production.

Gaz : le scénario d'un hiver rude toujours redouté…

Les risques de pénurie de gaz naturel en France pour l’hiver 2023-2024 semblent eux aussi assez faibles. Tout d’abord parce que le niveau des stocks de gaz en Europe est élevé. Les pays de l’Union européenne sont alignés avec l’objectif de 90% de stocks remplis à la fin de l’été. Au 18 juillet, les sites de stockage dans l’Union européenne étaient pleins à plus de 82 %, et environ 70 % en France.

Autre bonne nouvelle, la France disposera en septembre d’un nouveau terminal méthanier, avec le stock flottant du Havre. De quoi augmenter sensiblement la capacité d’importation du GNL (gaz naturel liquéfié) dans le pays, acheminé par navires depuis les Etats-Unis, l’Afrique ou le Moyen-Orient notamment.

Avec le retour à la normale des cours du gaz naturel en Europe, la consommation pourrait toutefois repartir à la hausse à partir de l’automne. En attendant les prix sur les marchés sont retombés sous la barre des 30 €/MWh courant juillet, contre près de 240 €/MWh un an plus tôt. Un hiver très rude avec un rebond de la consommation de gaz reste toutefois un scénario redouté.

Pour éviter les pénuries de gaz ou d’électricité, la sobriété reste indispensable

Cet hiver, la sobriété restera le mot d’ordre général pour les entreprises comme pour les collectivités, en particulier pour la consommation de gaz naturel. « Les efforts de sobriété doivent se poursuivre pour faciliter un remplissage maximum des stockages en prévision d'un hiver 2023-2024 potentiellement froid », a déclaré GRTgaz, l’un des deux grands transporteurs de gaz en France.

L’hiver dernier, la diminution de la consommation de gaz naturel liée à l’effort collectif de sobriété avait atteint près de 13% en France d’après Engie, 9% pour l’électricité. La sobriété électrique aurait même permis, selon RTE, d’éviter douze signaux Ecowatt rouges (cf. plus bas), et donc de possibles coupures temporaires de courant sur les réseaux.

Pour aider les consommateurs à anticiper de possibles situations de tension sur les réseaux, les pouvoirs publics et les principaux gestionnaires de réseaux ont mis en place des outils de « baromètre » de l’énergie depuis l’an dernier : Ecowatt, lancé par RTE, pour le réseau électrique, et Ecogaz, créé par GRTgaz, pour le réseau de gaz naturel.

Pour cet hiver, RTE a estimé que les principaux gisements d’économie d’électricité se trouveraient dans le secteur tertiaire, à travers le pilotage énergétique et la gestion des bâtiments notamment.